Au Palais Léon Mba, l’heure est au pragmatisme. Le président de l’Assemblée nationale, Michel Régis Onanga M. Ndiaye, vient de clore une série d’audiences marathon avec les partenaires sociaux du secteur de l’Éducation nationale. Dans un contexte où la Cinquième République cherche encore ses marques face aux revendications sociales, le patron de la Chambre basse a tenté de jouer les médiateurs pour briser le cycle des grèves. L’objectif est double : établir un diagnostic froid d’un système à bout de souffle et arracher une trêve sociale indispensable pour sauver l’année scolaire. Ce dialogue direct avec les syndicats marque une volonté du pouvoir législatif de s’impliquer davantage dans la résolution des conflits qui paralysent le service public.
Au cœur des discussions, le constat d’une « inertie administrative » héritée du passé a fait l’unanimité. Le gel prolongé des postes budgétaires et des avancements automatiques a fini par scléroser le corps enseignant, créant un climat de méfiance généralisée. Pour sortir de l’impasse, l’Honorable Onanga M. Ndiaye a plaidé pour une mutation profonde du paysage syndical. En pointant la dispersion des forces — représentées par une myriade d’organisations comme la FEN, le SEFG ou le SYGEG — le président de l’Assemblée nationale encourage une réunification des voix. Une manière de rationaliser l’interlocution avec l’exécutif et d’éviter que les « enjeux d’ego » ne l’emportent sur l’efficacité des réformes structurelles attendues.Les propositions techniques formulées par les syndicats témoignent d’une volonté de sortir du simple cadre pécuniaire. L’élaboration d’un chronogramme précis pour le traitement des dossiers administratifs et l’exigence de transparence via un comité de suivi renforcé sont désormais sur la table. Mais pour Michel Régis Onanga M. Ndiaye, la réponse ne peut être uniquement technique. En appelant les enseignants au « patriotisme » et à la reprise immédiate des cours, il replace l’élève au centre du jeu politique. Le président de l’Assemblée s’est d’ailleurs engagé à user de son pouvoir de contrôle pour interpeller les membres du gouvernement, garantissant que les engagements pris ne resteront pas lettre morte au fond des tiroirs ministériels.
La véritable perspective de sortie de crise semble toutefois se situer à l’horizon de juillet prochain. L’annonce de la tenue des États Généraux de l’Éducation est perçue comme le point d’orgue de cette refondation. Ce rendez-vous tripartite (Gouvernement, Parlement, Syndicats) aura pour mission de redéfinir les piliers d’un système éducatif en quête de performance et de stabilité. Si cette commission inclusive parvient à ses fins, elle pourrait marquer le début d’une nouvelle ère pour l’administration gabonaise, où la concertation l’emporte sur la confrontation. D’ici là, le pari de la « paix sociale » reste entier, suspendu à la capacité de l’État à transformer ces promesses de dialogue en actes budgétaires concrets.


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