Ce vendredi 6 février 2026 marque un tournant majeur pour le désenclavement du « cœur du pays ». Le Vice-Président du Gouvernement, Hermann Immongault, entouré des ministres sectoriels, a officiellement lancé les travaux d’aménagement et de bitumage du tronçon Alembé-Lopé-Carrefour Leroy-Mikouyi. Ce chantier titanesque de 306 kilomètres, intégralement financé par l’État gabonais, n’est pas qu’une simple infrastructure routière. Il s’agit d’un axe vital pour l’intégration nationale, impactant directement quatre provinces : le Haut-Ogooué, l’Ogooué-Ivindo, le Moyen-Ogooué et l’Ogooué-Lolo. En connectant plus efficacement Libreville à Franceville, cet axe promet de fluidifier les échanges et de dynamiser des économies locales longtemps pénalisées par l’état du réseau.

La complexité de ce projet réside dans sa cohabitation avec un sanctuaire naturel d’exception : le Parc national de la Lopé, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Conscient de cet enjeu de souveraineté écologique, le gouvernement a inscrit les travaux dans une démarche de durabilité rigoureuse. Sous l’œil vigilant du ministère des Travaux Publics, maître d’ouvrage ,des mesures spécifiques ont été édictées pour minimiser l’empreinte environnementale du chantier. Cette « route économique » se veut le laboratoire d’un équilibre nouveau entre impératifs de développement logistique et protection de la biodiversité, répondant ainsi aux standards internationaux et aux préoccupations de la communauté scientifique.Au-delà de l’asphalte, ce chantier de 48 mois se veut un levier de transformation sociale immédiate. Le cahier des charges impose aux entreprises adjudicataires une responsabilité sociale forte, se traduisant par des réalisations concrètes en faveur des populations riveraines : construction d’un collège à la Lopé, forages pour l’accès à l’eau potable, installation de lampadaires solaires et réhabilitation de logements communautaires. Avec près de 1 400 emplois attendus, le projet injecte une sève économique nouvelle dans l’arrière-pays. Pour l’exécutif, l’exigence de qualité et le respect des délais contractuels sont désormais des « lignes rouges » non négociables pour garantir la durabilité de l’investissement public.

Le lancement de l’axe Alembé-Mikouyi illustre la volonté de l’actuel chef de l’État de faire du territoire gabonais un ensemble cohérent et mobile. En plaçant le désenclavement au sommet des priorités budgétaires de 2026, Libreville envoie un signal fort aux investisseurs et aux citoyens. Ce projet, dont la réalisation simultanée sur deux sections vise à accélérer les résultats, incarne une vision où l’infrastructure devient le moteur d’une dignité retrouvée pour les localités de l’intérieur. Si le pari technique est tenu, cet axe pourrait bien devenir le symbole d’une gouvernance axée sur l’impact réel et la redistribution spatiale de la croissance.


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