À l’occasion de ses vÅ“ux de nouvel an, le maire central d’Oyem a fustigé le désordre administratif et le non-respect de la hiérarchie qui minent sa commune. Un rappel à l’ordre musclé qui témoigne des tensions de gouvernance locale dans le septentrion gabonais.D’un ton grave et solennel, Chen Sylvestre Mezui M’Obiang n’a pas mâché ses mots lors de sa récente adresse aux agents municipaux. Le premier magistrat d’Oyem s’est indigné d’une situation qu’il juge « heurtante » : la prolifération de responsables s’arrogeant des titres et des prérogatives qui ne sont pas les leurs. « Tous les maires sont dans les rues et se proclament maires », a-t-il lancé, dénonçant une cacophonie institutionnelle où la déontologie semble avoir été reléguée au second plan.
Pour l’édile, ce flou artistique n’est pas seulement une affaire d’ego, mais une remise en cause directe des textes qui régissent la vie communale. Affirmant avoir lui-même contribué à l’écriture de ces règlements, il a invité ses adjoints et les maires d’arrondissement à une lecture plus rigoureuse des lois. « Quand on est maire, on prend la peine de lire les textes et on les comprend », a-t-il martelé, rappelant que la gestion d’une cité exige une discipline intellectuelle et administrative sans faille.Au-delà de la critique, cette sortie médiatique souligne la position centrale de Mezui M’Obiang sur l’échiquier politique national. En sa qualité de Secrétaire général de l’Association des Maires du Gabon (AMG), il entend incarner la figure de l’autorité légitime et du professionnalisme. En se présentant comme « le seul maire de cette ville qui parle au nom de la mairie », il cherche à restaurer une pyramide de décision que certains acteurs locaux tenteraient de contourner.
Enfin, ce plaidoyer pour le retour de « l’éthique » et de la « rigueur » sonne comme un avertissement pour l’ensemble du personnel municipal. En interrogeant ses collaborateurs sur l’endroit où ils ont « foulé la déontologie », le maire d’Oyem pose les jalons d’une reprise en main nécessaire. Reste à savoir si ce discours de fermeté suffira à apaiser les rivalités internes et à redonner à la capitale du Woleu-Ntem la sérénité administrative dont elle a besoin pour son développement.


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