L’ambiance était aux réjouissances ce mercredi au siège du Ministère de la Jeunesse et des Sports à Libreville. Les Panthères du Gabon, auréolées de leur sacre à la Coupe du Président de la Confédération africaine de handball (CAHB) à Kigali, ont reçu les hommages de la République. Devant un parterre de médias et le personnel du ministère, le président de la Fédération (FEGAHAND), le Général Florient Pangou, et le ministre Paul Ulrich Kessany ont tour à tour salué un « parcours héroïque ».
Cette cérémonie, marquée par la présentation officielle du trophée par le capitaine Wora Mamadou, vient valider le retour au premier plan du handball gabonais sur l’échiquier continental.Au-delà des discours solennels, c’est sur le terrain financier que l’exécutif a frappé un grand coup. Conformément aux instructions de Brice Clotaire Oligui Nguema, le ministre a annoncé l’octroi immédiat d’une prime de 3 millions de FCFA à chaque athlète. Ce geste, qualifié de « décision forte » par les observateurs, vise à apaiser les tensions après des mois de difficultés logistiques et d’incertitudes budgétaires. En attendant le règlement définitif des arriérés par le Trésor public, cette avance substantielle agit comme une soupape de sécurité sociale et un gage de reconnaissance envers des joueurs qui ont porté haut les couleurs nationales malgré un contexte de préparation précaire.Le succès de Kigali n’est pas qu’une simple ligne au palmarès : il offre au Gabon son ticket pour la prochaine Coupe d’Afrique des Nations (CAN). Cette qualification redonne du crédit à une discipline qui a longtemps souffert d’un manque de visibilité et de moyens. Pour le ministre Paul Ulrich Kessany, l’objectif est désormais de transformer cette victoire en un levier de croissance structurelle.
En sécurisant les primes dès le retour des héros, l’État envoie un signal clair : la performance sportive sera désormais indexée sur une prise en charge administrative plus rigoureuse, rompant avec les errements du passé qui ont souvent découragé les talents locaux.La journée s’est achevée par une photo de famille symbolique, immortalisant ce nouveau pacte entre les autorités et le mouvement sportif. Mais derrière la convivialité du cocktail offert à la délégation, l’enjeu politique est de taille. À travers ce traitement de faveur pour les Panthères du handball, le Palais du Bord de Mer cherche à démontrer que chaque victoire nationale est une pierre à l’édifice de la restauration du pays. Reste maintenant à la FEGAHAND et au ministère à transformer cet essai pour que Kigali ne soit pas une réussite isolée, mais le point de départ d’une relance durable de la petite balle au Gabon.


Commentaires