Le Palais de la Rénovation a pris des airs de plateau de tournage ce mercredi 4 février 2026. Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a accordé une audience remarquée à Nelly Obono (plus connue sous son nom de scène Nelly Belval), figure de proue de la production audiovisuelle nationale. La créatrice de la série à succès Eki, lauréate du prix du « Meilleur espoir africain » aux Sotigui Awards, est venue soumettre au Chef de l’État un projet de rupture : la création d’une structure de production audiovisuelle de nouvelle génération. Pour l’exécutif, l’enjeu est de transformer une scène artistique bouillonnante mais fragmentée en une véritable industrie créative, capable de s’exporter et de générer une plus-value économique réelle.
Ce projet structurant arrive à un moment charnière pour le Gabon, qui cherche à diversifier son « Soft Power ». L’idée défendue par Nelly Obono repose sur trois piliers : la professionnalisation des métiers de l’image, l’accompagnement technique des jeunes talents et la mise en place d’un écosystème financier robuste. En s’appuyant sur son expérience avec sa société Ossoo TV et ses collaborations avec des géants comme Canal+, la réalisatrice propose de doter le pays d’un outil de production aux standards internationaux. L’objectif est clair : faire du Gabon un hub cinématographique majeur en Afrique centrale, capable de rivaliser avec les productions de l’Afrique de l’Ouest.La portée de cette rencontre est également politique. En recevant une femme de culture au parcours d’autodidacte exemplaire, le Chef de l’État envoie un signal fort à la jeunesse : le talent gabonais est une ressource stratégique. Ce futur pôle audiovisuel ne se limitera pas au divertissement ; il est envisagé comme un levier de rayonnement pour la culture gabonaise, valorisant le patrimoine et les récits authentiques du terroir. Pour les observateurs, cet appui présidentiel pourrait débloquer les financements publics et privés nécessaires pour sortir le cinéma local de la précarité et de l’absence de cadre juridique dénoncées par les acteurs du secteur ces dernières années.
Si les contours financiers de cette structure restent à affiner, la volonté d’institutionnaliser l’audiovisuel marque une étape décisive. Entre le retour des Panthères sur la scène sportive et cette ambition cinématographique, le Gabon de 2026 semble vouloir jouer sur tous les tableaux de l’excellence. Pour Nelly Obono, ce partenariat avec l’État est l’opportunité de concrétiser le rêve d’une « industrie du rêve » enfin souveraine. La réussite de ce projet se mesurera à sa capacité à transformer les promesses d’audience en une chaîne de valeur pérenne, créatrice d’emplois pour les techniciens, scénaristes et comédiens gabonais.


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