Au cœur de la province de l’Ogooué-Ivindo, le lycée Alexandre Sambat de Makokou ne se contente plus d’enseigner : il résiste. Véritable institution où des générations de cadres gabonais ont forgé leurs premières ambitions, l’établissement présente aujourd’hui un visage balafré par le temps et l’oubli. Derrière les façades délavées et les toitures fatiguées, c’est le quotidien d’une jeunesse en quête d’avenir qui se joue dans des conditions précaires. Ce temple du savoir, autrefois symbole de l’excellence provinciale, semble désormais s’effacer lentement de la carte des priorités infrastructurelles.

L’état de dégradation des bâtiments n’est pas qu’une question d’esthétique ; c’est un obstacle direct à la transmission de la connaissance. Des murs marqués par les stigmates des saisons aux salles de classe dépourvues du confort élémentaire, les images qui circulent témoignent d’une école qui réclame, plus qu’une simple peinture, un véritable second souffle. Pour les enseignants comme pour les élèves, évoluer dans un tel cadre relève d’un acte de foi, rappelant avec amertume que l’on ne peut bâtir une nation forte sur les vestiges de bâtiments à l’abandon.Face à ce constat, le plaidoyer des populations locales et des anciens élèves se fait pressant : le redressement du lycée Alexandre Sambat doit devenir une urgence nationale. Offrir un cadre digne à ceux qui reçoivent et transmettent le savoir n’est plus un luxe, mais une nécessité absolue pour garantir l’égalité des chances entre la capitale et l’arrière-pays.
Dans un Gabon en pleine mutation, la rénovation de ces structures historiques est le signal attendu par une jeunesse qui refuse de voir ses rêves s’effriter en même temps que les murs de son lycée.In fine, la situation à Makokou cristallise le grand défi de la carte scolaire gabonaise : la modernisation du parc immobilier éducatif sur l’ensemble du territoire. Alors que le pays réaffirme sa volonté de faire de l’éducation un pilier de sa refondation, le cas Sambat fait figure de test. Restaurer l’âme de cette école, c’est envoyer un message clair à tous les jeunes Ivindiens : leur avenir mérite mieux que des ruines. L’école doit redevenir ce sanctuaire de l’excellence où le cadre de vie est enfin à la hauteur des ambitions de ses élèves.


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