À Libreville, l’arène politique bruisse d’une nouvelle tonalité. Le 2 février 2026, le Parti Patriotique Gabonais (PPG) a rompu le silence sur le dossier brûlant de la grève des enseignants, véritable caillou dans la chaussure du gouvernement. Par la voix de son Secrétaire général, Rodrigue Maissa Nkoma, la formation de Simplice Bougoueres a lancé un appel à une « trêve sociale responsable ». Une posture d’équilibre qui tente de concilier l’urgence pédagogique et la légitimité des revendications syndicales, dans un pays où l’éducation est devenue le baromètre de la refondation républicaine.Pour le PPG, cette trêve ne doit pas être interprétée comme un blanc-seing accordé au gouvernement, encore moins comme un désaveu des souffrances du corps enseignant.
Il s’agit d’un calcul politique fondé sur le « patriotisme » : désamorcer la confrontation systématique pour laisser place à un dialogue sincère. En positionnant l’éducation comme la priorité majeure de la Cinquième République, le parti rappelle une évidence structurelle : sans stabilité sociale, le logiciel de relance économique et les réformes publiques risquent le bug généralisé.L’offensive du PPG s’appuie sur un concept fort : l’« union sacrée ». En invitant les Gabonais à transcender les clivages ethniques, régionaux ou syndicaux, le parti tente de nationaliser le débat sur l’école. L’idée est de transformer une crise sectorielle en un engagement citoyen global, où le soutien à l’action publique reste « critique mais constructif ». Cette stratégie de la « troisième voie » vise à éviter l’usure d’une transition déjà pressée par les attentes sociales, tout en exigeant du pouvoir des garanties sur la mise en œuvre de réformes durables.
Cette sortie médiatique souligne le rôle que comptent jouer les partis politiques dans l’architecture de la nouvelle République : celui de régulateurs de tension. Pour le PPG, le patriotisme n’est plus un slogan, mais une « pratique quotidienne » faite de responsabilité et de vérité. Reste à savoir si cet appel au calme sera entendu par une base syndicale échaudée par des années de promesses non tenues. À Libreville, la réussite de cette trêve sera le premier véritable test de la solidité du pacte social gabonais version 2026.


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