Dans les rues de Libreville comme dans les couloirs de l’administration, son nom continue de susciter autant de polémiques sur son rôle joué pendant le règne de l’ancien régime Bongo-Valentin. Alain-Claude Bilie-By-Nze, dernier Premier ministre d’Ali Bongo Ondimba, refuse obstinément de s’effacer derrière les rideaux de l’histoire. Qualifié par certains d’« artisan nuisible », l’ancien porte-parole de la présidence occupe aujourd’hui un espace politique singulier : celui d’une opposition frontale qui, par son hyperactivité médiatique, est à la recherche d’une légitimité populaire.
Le reproche de « nuisance » qui lui est adressé par une partie de la classe politique ne doit rien au hasard. Pour ses critiques, Bilie-By-Nze incarne un passé que beaucoup souhaitent archiver, et sa présence au premier plan brouillerait la légitimité de la « nouvelle » opposition. En multipliant les sorties incisives sur les réseaux sociaux et dans la presse internationale, il s’imposerait comme un manipulateur, un donneur de leçons à ignorer, mais qui est capable d’utiliser les codes de l’ancien régime dont il est l’héritier pour tenter de déstabiliser et ternir l’image de l’exécutif actuel. Pourtant, cette posture de « poil à gratter » institutionnel cache une stratégie de survie politique plus profonde. En se positionnant comme le gardien d’une certaine rigueur procédurale et en critiquant les choix économiques du moment, l’ancien Premier ministre tente de transformer son héritage controversé en un capital d’expérience.
En quête de popularité immédiate,il miserait sur l’usure du temps pour apparaître, à terme, comme une alternative crédible, quitte à saturer l’espace médiatique au détriment d’une opposition plus organisée.L’héritage que porte Bilie-By-Nze pose une question de fond sur la recomposition du paysage politique gabonais : peut-on construire l’avenir avec les ténors du passé qui ont participé à orchestrer le mal actuel du Gabon ?


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