La tension est montée d’un cran supplémentaire entre Abidjan et Niamey. En réponse aux graves accusations de déstabilisation formulées par le général Abdourahamane Tiani, la Côte d’Ivoire a officiellement convoqué l’ambassadeur du Niger pour lui remettre une note de protestation. Les autorités ivoiriennes fustigent des propos jugés offensants à l’égard du président Alassane Ouattara, marquant ainsi une rupture de ton inédite qui éloigne un peu plus toute perspective de normalisation immédiate entre les deux capitales.
À l’origine de ce courroux diplomatique, une déclaration fracassante du chef de la transition nigérienne suite à l’attaque menée contre la base aérienne 101 de l’aéroport de Niamey dans la nuit du 28 au 29 janvier. Le général Tiani a explicitement désigné un triumvirat composé d’Emmanuel Macron, Patrice Talon et Alassane Ouattara comme les instigateurs d’une tentative de déstabilisation de son pays. Cette sortie médiatique, diffusée sur les ondes publiques, transforme un incident sécuritaire local en une crise géopolitique régionale majeure.Sur le terrain, l’assaut contre les installations stratégiques de la capitale nigérienne a été contenu en une trentaine de minutes grâce à une riposte aéroterrestre des Forces de défense et de sécurité (FDS), appuyées par des partenaires russes.
Le bilan officiel, confirmé après le déplacement du président Tiani sur les lieux, fait état de quatre militaires blessés, vingt assaillants neutralisés et onze arrestations. La présence d’un ressortissant étranger parmi les victimes du côté des assaillants sert désormais de socle à la rhétorique de l’ingérence prônée par Niamey.Cette escalade verbale et diplomatique place la sous-région dans une impasse périlleuse. Alors qu’Abidjan brandit la carte de la protestation formelle pour défendre l’honneur de son chef d’État, Niamey s’enferme dans une posture de citadelle assiégée, confortée par ses nouveaux alliés de circonstance. Entre les deux voisins, le dialogue semble désormais rompu, laissant place à une guerre des nerfs où chaque incident sécuritaire devient le catalyseur d’une confrontation politique plus globale.


Commentaires