Réuni ce jeudi 29 janvier 2026 au Palais de la Rénovation, le Conseil des ministres, sous la direction de Brice Clotaire Oligui Nguema, a marqué une étape décisive dans l’exécution de l’agenda présidentiel. Loin des simples formalités protocolaires, cette séance a servi de rampe de lancement pour une série de réformes structurelles ambitieuses. Le Chef de l’État, affirmant son autorité tant sur le plan politique qu’exécutif, semble impose plus que jamais un rythme soutenu à l’appareil gouvernemental, avec en ligne de mire une transformation profonde du paysage économique et social gabonais.
Le gouvernement est désormais placé sous une obligation de résultats immédiats. Le Vice-Président du Gouvernement a d’ores et déjà fixé le prochain rendez-vous crucial au 4 février, date de la remise officielle des feuilles de route des « 100 jours ». Ce mécanisme de pilotage par la performance vise à concrétiser les mesures phares du pouvoir, notamment la mise en œuvre de la Taxe Forfaitaire d’Habitation (TFH). Ce levier fiscal inédit se veut le fer de lance d’une décentralisation effective, visant à doter les collectivités locales de ressources propres pour financer leur propre développement.Sur le front de la souveraineté économique, Libreville durcit le ton. Le communiqué final du Conseil détaille une stratégie de rupture : l’interdiction de l’importation de poulet de chair dès 2027 et, surtout, la fin de l’exportation du manganèse brut à l’horizon 2029. En forçant la transformation locale des ressources minières et en renforçant la Centrale d’Achat du Gabon (CEAG) pour contrer la vie chère, l’exécutif parie sur une autonomie accrue.
Cette approche volontariste s’accompagne d’une gestion foncière accélérée, promettant une production massive de titres fonciers pour sécuriser l’investissement privé.Toutefois, cette accélération ne doit pas se faire au détriment de la stabilité intérieure. Conscient des tensions que peuvent engendrer de telles mutations, le Président Oligui Nguema a exhorté ses ministres à une « proactivité » constante avec les partenaires sociaux. En prônant un dialogue social fondé sur un « langage de vérité », le Chef de l’État cherche à prévenir toute fracture tout en évitant les compromissions. Un équilibre délicat entre fermeté réformatrice et paix sociale, essentiel pour maintenir le cap d’une croissance que le Gabon souhaite désormais plus inclusive.


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