Le Palais de la Rénovation a sifflé, ce jeudi 29 janvier 2026, la fin de la récréation dans la gestion des effectifs publics. Sous la direction de Brice Clotaire Oligui Nguema, le Conseil des ministres a autorisé le lancement d’audits administratifs et financiers de grande envergure. Ces investigations, qui visent spécifiquement les stages professionnels de l’année 2024 ainsi que les effectifs de la Main-d’œuvre non permanente (MONP), signalent une volonté ferme de l’exécutif de reprendre le contrôle sur une masse salariale souvent jugée opaque et budgétivore.
Cette offensive du ministère de la Fonction publique intervient dans un climat où la rationalisation des ressources de l’État est devenue un impératif de survie économique. En scrutant les dossiers des stagiaires et des agents de la MONP, les autorités cherchent à débusquer les irrégularités, les emplois fictifs ou les recrutements abusifs qui pèsent sur les deniers publics. Il s’agit d’une opération de « salubrité administrative » indispensable pour assainir les fichiers de l’État et garantir que chaque recrutement réponde à un besoin réel et budgétisé.Parallèlement à ces audits, le gouvernement a pris une décision radicale : la suspension de toute régularisation administrative jusqu’à nouvel ordre. Le Conseil a ainsi gelé les processus en cours, subordonnant toute reprise à l’adoption d’un futur cadre interministériel. Ce verrou réglementaire vise à stopper l’hémorragie financière et à mettre fin au traitement fragmenté des dossiers, souvent source de clientélisme. Libreville entend désormais centraliser les critères d’intégration pour plus de cohérence et d’équité.
Ce coup de balai dans les couloirs de l’administration témoigne de la détermination du Chef de l’État à instaurer une culture de la rigueur et de la transparence. En suspendant les régularisations, le pouvoir s’accorde le temps nécessaire pour bâtir un nouveau modèle de gestion des ressources humaines, plus moderne et surtout plus soutenable. Pour les partenaires financiers du Gabon, cet audit est un gage de bonne gouvernance, tandis que pour les agents publics, il s’annonce comme le prélude à une réforme structurelle profonde du statut de la fonction publique.


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