L’annonce imminente du coup d’envoi du National Foot 1 place le football gabonais face à ses vieux démons. Après une longue période d’inertie, la perspective de voir le ballon rouler de nouveau sur les pelouses nationales suscite autant d’espoir que d’inquiétudes. Pour les observateurs et les acteurs de terrain, la question n’est plus de savoir quand le championnat reprendra, mais dans quelles conditions. Le milieu sportif s’interroge sur les solutions concrètes déployées pour garantir une compétition régulière, crédible et, surtout, sécurisée, loin des errements du passé.Le diagnostic posé par Samy Biveghe, président de l’Union Sportive d’Oyem (USO), est sans concession : le football gabonais souffre d’un cycle de « quinze années d’improvisation ».
Entre annonces précipitées et saisons prématurément interrompues faute de financements ou d’organisation, le championnat national s’est souvent mué en un exercice de survie. Pour de nombreux présidents de clubs, persister dans une reprise sans garanties réelles reviendrait à prolonger un cycle d’échec systémique qui a fini par décourager sponsors et supporters.L’exigence de gouvernance s’impose désormais comme le préalable non négociable à toute activité sportive de haut niveau. La responsabilité des instances dirigeantes est aujourd’hui de choisir entre le « bricolage » habituel et un état des lieux rigoureux de la discipline. De nombreuses voix s’élèvent pour réclamer un démarrage peut-être différé, mais enfin maîtrisé, une fois les conditions techniques, financières et organisationnelles réunies.
L’objectif est clair : sortir du court-termisme pour bâtir un modèle de championnat durable et professionnel.Dans ce bras de fer entre la volonté politique de « faire jouer à tout prix » et la nécessité de réformer, c’est l’image du sport gabonais qui se joue. Transformer l’investissement public en un levier de développement pour la jeunesse nécessite une rupture nette avec la gestion par l’urgence. Pour le National Foot 1, le véritable succès ne se mesurera pas à la tenue de la première journée, mais à la capacité de la Ligue à mener la compétition jusqu’à son terme, dans le respect des standards de dignité et de régularité qu’exigent les acteurs du ballon rond.


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