Le climat se tend pour la Direction générale des transports terrestres (DGTT). Alors que le réseau routier gabonais connaît une recrudescence inquiétante d’accidents mortels, le régulateur national est de plus en plus pointé du doigt par l’opinion publique et les organisations d’usagers. On reproche notamment à l’administration une certaine passivité face à la prolifération anarchique des agences de transport interurbain, dont beaucoup opèrent dans un flou juridique et sécuritaire qui finit par coûter des vies.Au cœur du débat se trouve la question de l’octroi des agréments et du contrôle technique.
La multiplication des gares routières de fortune, souvent installées au mépris des règles d’urbanisme et de sécurité, témoigne d’une perte de contrôle sur le terrain. Pour les critiques, la DGTT semble peiner à imposer des normes rigoureuses aux opérateurs privés, laissant circuler des véhicules dont l’état mécanique est parfois douteux. Cette démission apparente du régulateur est aujourd’hui perçue comme un facteur aggravant de la mortalité sur les axes stratégiques du pays.Cette crise de confiance s’amplifie à mesure que les statistiques de la route s’assombrissent. Derrière chaque drame, la question de la formation des chauffeurs et du respect des temps de repos revient avec insistance. Les observateurs s’interrogent : comment des agences de transport peuvent-elles multiplier les rotations sans une surveillance accrue de leurs pratiques internes ?
La DGTT est désormais sommée de sortir de sa torpeur administrative pour engager une véritable politique d’assainissement du secteur, sous peine d’être tenue pour responsable de l’hécatombe.L’heure est donc à l’exigence de résultats. Si le gouvernement a fait de la modernisation des infrastructures un pilier de son action, celle-ci reste vaine sans une régulation stricte du comportement des acteurs. La réforme de la DGTT, tant au niveau de la transparence de ses processus que de sa capacité de coercition, apparaît comme le chantier de la dernière chance pour restaurer la sécurité sur les routes gabonaises. Le défi est immense : transformer une administration souvent jugée sclérosée en un gendarme du transport moderne et protecteur.


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