Réunis le 26 janvier à Libreville autour du vice-président du gouvernement, les membres de l’exécutif et les représentants de la plateforme syndicale SOS Éducation la Base ont acté un ensemble de mesures administratives et budgétaires destinées à apaiser la crise dans le secteur éducatif. Au cœur de l’accord : la mise en présalaire de 1 810 agents, le traitement prioritaire de 4 000 situations administratives et une enveloppe estimée à 16 milliards de FCFA.La rencontre s’est tenue dans la salle de réunion de l’immeuble du 2-Décembre, sous la présidence du vice-président du gouvernement, en présence de la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale, de la ministre de la Fonction publique, du ministre délégué au Budget, du Comité de suivi et d’évaluation ainsi que des représentants de SOS Éducation la Base.
Elle s’inscrivait dans le prolongement des travaux de la commission interministérielle mise en place pour trouver une issue durable aux tensions sociales qui perturbent l’école gabonaise.Premier axe majeur : la situation des personnels en attente de reconnaissance administrative. Le Comité de suivi et d’évaluation a annoncé que 1 810 dossiers de bénévoles seront transmis à la Solde pour une mise en présalaire, étape considérée comme décisive vers une intégration plus stable dans la fonction publique. Le processus doit se faire sous le contrôle conjoint de l’administration et des représentants syndicaux, dans un souci de transparence.Deuxième pilier de l’accord : la priorisation des chargés de cours, catégorie fortement mobilisée dans le mouvement social. À la demande de SOS Éducation la Base, il a été acté que les 4 000 situations administratives liées aux avancements et reclassements seront exclusivement affectées à ces personnels. Cette mesure vise à corriger des retards accumulés dans les carrières, souvent dénoncés comme un facteur de démotivation et de précarité.Au total, la programmation administrative présentée couvre 7 810 situations, en incluant également 348 intégrations en solde.
L’impact budgétaire de l’ensemble des opérations est estimé à 16 milliards de FCFA, soit environ 40 % de l’enveloppe prévue en 2026 pour la gestion des situations administratives des agents civils de l’État. Le gouvernement insiste sur le fait que cet effort s’inscrit dans un cadrage macro-budgétaire contraint, qui impose des arbitrages entre ministères.Les représentants de SOS Éducation la Base ont salué « la clarté des données présentées » et les avancées enregistrées, tout en maintenant plusieurs points de vigilance. Ils ont notamment demandé la régularisation de 1 000 situations supplémentaires, la publication d’un chronogramme officiel pour suivre l’exécution des mesures, ainsi que des clarifications sur le paiement des vacations après délibérations.Sur ces aspects, le vice-président du gouvernement a rappelé les limites fixées par le plafond national de 12 000 situations administratives pour l’ensemble de la fonction publique en 2026, dont 4 000 déjà réservées à l’éducation. Il a indiqué que toute extension significative devrait être arbitrée au plus haut niveau, afin de ne pas déséquilibrer les autres secteurs. Concernant les vacations, leur poursuite dépendra des conclusions d’un audit en cours et des orientations des autorités.
Si la signature d’un nouveau protocole formel de sortie de crise n’a pas été retenue, l’exécutif a toutefois validé l’annexion d’un planning détaillé de suivi, réclamé par la partie syndicale. Ce document doit servir de feuille de route opérationnelle au Comité de pilotage et au Comité technique de suivi-évaluation, chargés de veiller à la mise en œuvre effective des décisions.En clôture, les autorités ont lancé un appel à la reprise des cours, estimant que les engagements pris constituent une base suffisante pour restaurer la confiance. Pour les syndicats, la balle est désormais dans le camp de l’administration : la crédibilité de l’accord dépendra de la rapidité des premières mises en paiement et de la concrétisation visible des régularisations annoncées.


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