Le dénouement est tombé en après-midi du 26 janvier 2026 : Marcel Libama et Simon Ndong Edzo, figures de proue du syndicalisme enseignant, ont obtenu leur liberté provisoire. Cette décision judiciaire intervient à un moment critique où l’Éducation nationale gabonaise est totalement paralysée par une grève illimitée. Pour le pouvoir, ce geste d’apaisement ressemble à une concession inévitable face à la fermeté du mouvement « SOS Éducation La Base », qui avait érigé la libération de ses leaders en préalable non négociable à toute reprise du dialogue.
En sortant de détention, les deux syndicalistes redeviennent les pivots centraux d’une crise qui dépasse désormais le simple cadre des revendications salariales pour toucher au cœur de la stabilité sociale du pays.En cédant sur ce point de blocage majeur, le gouvernement gabonais semble vouloir tester la bonne foi des grévistes et désamorcer une colère qui gagnait les provinces. La stratégie de la fermeté judiciaire ayant montré ses limites face à la solidarité du corps enseignant, l’exécutif mise désormais sur une reprise immédiate des négociations au sein de la commission interministérielle. Cependant, si cette libération lève un verrou psychologique, elle ne règle pas pour autant le fond du dossier : les enseignants attendent maintenant des engagements budgétaires fermes et une accélération des réformes de carrière. Le mouvement « La Base », ragaillardi par cette victoire symbolique, se trouve désormais en position de force pour dicter le rythme des pourparlers.La question qui brûle toutes les lèvres à Libreville est de savoir si cet acte suffira à renvoyer les élèves vers les salles de classe.
Si le geste d’apaisement est réel, la méfiance entre les syndicats de terrain et les autorités reste profonde. Pour Marcel Libama et Simon Ndong Edzo, le défi sera de transformer cette liberté retrouvée en un levier pour obtenir des avancées concrètes sans pour autant paraître désavouer la radicalité de leurs troupes. De son côté, le gouvernement joue gros : sans une reprise effective des cours dans les prochains jours, cette libération pourrait être perçue comme un aveu de faiblesse plutôt qu’une habile manœuvre diplomatique. L’avenir de l’année scolaire 2025-2026 se joue désormais sur le fil du rasoir.


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