Dans un communiqué publié ce 25 janvier, la Fédération sénégalaise de football (FSF) a pris ses distances avec l’ancienne gloire des Lions de la Teranga. En cause : des sorties médiatiques virulentes de l’ex-attaquant de Liverpool concernant des promesses de récompenses foncières non tenues par l’État.Entre la Fédération sénégalaise de football (FSF) et El Hadji Ousseynou Diouf, le divorce est désormais acté par voie de presse. Dans un communiqué officiel au ton inhabituellement ferme, l’instance dirigée par Augustin Senghor a fustigé les récentes prises de position de la légende du football national.
La FSF dit regretter « la gravité et la teneur » des propos tenus par l’ancien international, qui s’était insurgé contre la gestion des récompenses foncières — des terrains promis par la présidence — octroyées aux acteurs du football. Pour l’instance faîtière, il s’agit d’une rupture de ban qui nécessite une mise au point immédiate afin de préserver les relations institutionnelles avec les autorités de Dakar.Au-delà des revendications matérielles, c’est le positionnement de Diouf sur la gouvernance du football international qui semble avoir mis le feu aux poudres. La FSF, soucieuse de son image auprès de la CAF et de la FIFA, a tenu à rappeler que sa politique internationale ne peut être portée que par son président ou ses porte-paroles officiels. En se démarquant totalement des critiques de l’ex-Lion, la Fédération réaffirme son respect scrupuleux des « règles diplomatiques » et des « relations de bon voisinage » avec les instances sœurs, suggérant que le franc-parler de Diouf pourrait nuire aux intérêts stratégiques du Sénégal sur l’échiquier du football mondial.
Le cœur de la discorde reste la question foncière, un sujet ultrasensible au Sénégal. Si El Hadji Diouf se fait le porte-voix d’un mécontentement collectif parmi les anciens joueurs, la FSF, elle, préfère la « voie républicaine ». En louant la « sollicitude constante » de l’État et en assurant qu’une solution « idoine » est en cours de traitement par les plus hautes autorités, la Fédération joue la carte de l’apaisement institutionnel. Elle dénonce une démarche individuelle jugée inappropriée, préférant le dialogue administratif feutré au tapage médiatique qu’affectionne l’ancien numéro 11.Ce rappel à l’ordre souligne la difficulté de gérer les « légendes » une fois les crampons raccrochés. Si la FSF reconnaît à El Hadji Diouf son statut de figure emblématique du football sénégalais, elle lui signifie brutalement que ce prestige ne lui confère aucun mandat officiel. En invitant les acteurs de la discipline à faire preuve de « retenue » et de « responsabilité », le secrétariat général de la Fédération adresse un message clair : l’image du pays et la sérénité du football national priment sur les égos et les revendications personnelles, fussent-elles portées par le double Ballon d’or africain.


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