Le Palais Rénovation de Libreville a été le théâtre, ce mardi 20 janvier 2026, d’une séance de travail cruciale pour l’avenir du système de soins gabonais. Face à une grogne sociale latente, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a choisi la méthode forte : la concertation directe avec les partenaires sociaux du secteur de la santé. L’objectif de ce sommet social était clair : désamorcer les tensions en s’attaquant de front aux maux structurels — situation administrative des agents, précarité de la main-d’œuvre non permanente et défaillances de gouvernance — qui minent ce pilier du service public.
L’approche présidentielle semble avoir porté ses fruits, du moins sur le plan diplomatique. En privilégiant des échanges décrits comme « francs et responsables », le Chef de l’État a réussi à obtenir un satisfecit de la part des leaders syndicaux, séduits par sa maîtrise des dossiers et ses réponses « au cas par cas ». Cette stratégie d’écoute active vise avant tout à garantir la continuité des soins, évitant ainsi une interruption de service dont les populations les plus démunies seraient les premières victimes. Pour les syndicats, le réalisme semble désormais primer sur la confrontation, reconnaissant qu’un redressement profond nécessite un temps incompatible avec l’immédiateté des revendications.Pour transformer ce climat de confiance en résultats concrets, trois réformes institutionnelles majeures ont été annoncées : – La réactivation du Conseil présidentiel de santé, pour un pilotage stratégique au plus haut sommet ; – La création d’une Haute Autorité de santé, destinée à normaliser et réguler les pratiques sur l’ensemble du territoire ; – La mise en place d’un comité de suivi quotidien, chargé de veiller à l’exécution réelle des décisions prises.
Ce dispositif est complété par un comité tripartite de suivi, cadre permanent de dialogue qui doit permettre d’éplucher les cahiers de charges de manière progressive et pragmatique.En institutionnalisant ainsi le dialogue, le gouvernement gabonais tente de rendre toute logique de grève « contre-productive ». L’enjeu est désormais de passer de la parole aux actes. Si la création de nouveaux organes de contrôle est un signal fort de reprise en main, la réussite de ce « New Deal » sanitaire dépendra de la capacité de l’État à débloquer les moyens financiers nécessaires pour stabiliser la situation administrative des soignants. À Libreville, on veut croire que cette méthode de concertation permanente saura préserver la santé des Gabonais tout en modernisant l’appareil soignant national.


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