De Malibé à la zone des PK, le chef de l’État gabonais a pris le pouls de la filière avicole. Entre promesses de souveraineté alimentaire et soutien financier massif via la BCEG, Libreville veut siffler la fin de la dépendance aux importations de volailles.
Par la rédaction de Focus Afrique Média
C’est un marathon de terrain aux accents de souveraineté. Loin des dorures du Palais du Bord de mer, Brice Clotaire Oligui Nguema a arpenté, ce mercredi 14 janvier, les couvoirs et les hangars de production de la province de l’Estuaire. De BTF Farming à Malibé 2 jusqu’à la SMAG (Société Meunière et Avicole du Gabon), en passant par les exploitations d’Ethia et Frères, Rogers, AGRIVERT ou encore JRO Farmers, le message présidentiel est limpide : la « rupture » avec l’économie de rente passera par l’assiette des Gabonais.
Un choc financier pour l’indépendance alimentaire:
Pour le chef de l’État, le constat est sans appel : la souveraineté alimentaire ne peut rester un simple slogan politique. Elle doit devenir une « réalité en construction ». Pour transformer l’essai, le Gabon s’apprête à sortir l’artillerie financière.Par le biais de la Banque de Commerce et d’Entrepreneuriat du Gabon (BCEG), une enveloppe massive va être débloquée au profit des éleveurs locaux.
Les chiffres annoncés marquent un tournant : – Volume de financement : Entre 250 et 400 millions de FCFA par éleveur. -Taux d’intérêt : Un taux préférentiel de 4 %. -Durée : Des crédits remboursables sur un an pour booster la trésorerie et les capacités de production immédiates. « Mon cap est clair : produire ici ce que nous consommons, enrichir nos campagnes, sécuriser notre alimentation et offrir à notre jeunesse un avenir fondé sur le travail, pas sur l’assistanat », a martelé le président gabonais.
Vers une filière moderne et compétitive:
L’enjeu est de taille. Jusqu’ici, le Gabon, comme nombre de ses voisins d’Afrique centrale, reste lourdement dépendant des importations de poulets surgelés en provenance d’Europe ou du Brésil. En injectant ces capitaux, le pouvoir de Libreville espère moderniser les infrastructures et permettre aux champions nationaux de rivaliser, tant sur le plan du volume que des normes sanitaires.Cette visite aux acteurs de la zone des PK et de Malibé illustre une volonté de structurer une véritable industrie capable de générer des milliers d’emplois directs.
En misant sur l’aviculture, secteur à cycle court et à forte valeur ajoutée, Brice Clotaire Oligui Nguema place le monde rural au cÅ“ur de son projet de transformation économique.Reste désormais à savoir si le rythme de production suivra l’ambition financière. Pour les éleveurs rencontrés, ce soutien est une bouffée d’oxygène attendue depuis longtemps pour enfin passer de l’artisanat à l’échelle industrielle.


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