Excédé par l’inertie et les malversations qui plombent son ministère, le ministre d’État Ulrich Manfoumbi Manfoumbi a lancé un avertissement sans frais à ses troupes. Entre lutte contre la corruption et rappel à l’ordre moral, le patron des Transports veut éradiquer les « déviances » qui freinent la transition.Le ton était celui d’un chef de famille trahi, mais l’intention, elle, était purement politique. Face aux cadres des directions générales et de l’administration centrale, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi a troqué la diplomatie pour la fermeté. Pour le ministre d’État, le constat est sans appel : les réformes structurelles — comme la fusion Sogatra-Trans’urb ou la digitalisation des permis — resteront lettre morte si « l’élément humain » ne suit pas.
La fin de « l’administration buissonnière »:
Le premier grief du ministre porte sur la discipline de base. Ponctualité aléatoire, bureaux désertés sans autorisation, voyages à l’étranger sans en référer à la hiérarchie… Ulrich Manfoumbi Manfoumbi a fustigé une forme de désinvolture qui paralyse l’action publique. « Le temps, c’est de l’argent, et cet argent appartient au peuple gabonais », a-t-il martelé.Plus grave encore, la « lenteur administrative » a été pointée du doigt non pas comme une fatalité, mais comme un choix délibéré de certains agents pour favoriser des circuits informels. En retardant le traitement d’un dossier, on pousse l’usager vers la petite corruption. Un cercle vicieux que le ministre entend briser par une surveillance accrue des flux de dossiers.
Guerre déclarée à la corruption et à la délation:
Mais c’est sur le terrain de l’intégrité que le ministre a frappé le plus fort. Évoquant sans détour les « détournements » au sein de certaines directions générales et la culture des « pots-de-vin » pour l’obtention de documents officiels, il a rappelé que la Transition ne saurait s’accommoder des méthodes du passé. « Je ne mange pas de ce pain-là », a-t-il répété, mettant au défi quiconque de prouver son implication dans des malversations.Le ministre a également dénoncé un mal plus insidieux qui ronge les couloirs du ministère : la délation. Dans un climat où les critiques de bureau et les « rapports secrets » entre collègues tiennent lieu de méthode de travail, Manfoumbi Manfoumbi a appelé à une « hygiène mentale ».
« Ne venez pas me dire que tel vous a critiqué, je sais que tout le monde me critique. Concentrez-vous sur vos dossiers », a-t-il lancé, préférant l’efficacité technique aux intrigues de couloirs.Invoquant son concept « 6543 », le ministre a rappelé que la justice — l’une des quatre vertus cardinales de sa méthode — doit s’appliquer à tous. « Si nous devons sanctionner pour une faute, nous sanctionnerons tout le monde. S’il faut pardonner, nous pardonnerons à tous. Mais l’injustice de traitement, c’est le début du désordre social. »Pour les agents du ministère des Transports, de la Marine marchande et de la Logistique, le message est limpide : 2026 sera l’année de la responsabilité ou celle des sanctions. La récréation est officiellement terminée.


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