Alors que Nairobi touche au but avec son nouveau stade Talanta, Kinshasa s’enlise dans le flou autour de ses propres chantiers sportifs. Un contraste saisissant qui interroge sur les ambitions congolaises d’accueillir la grand-messe du football africain en 2028.Le Kenya ne fait plus mystère de ses ambitions. À un peu plus d’un an de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2027, qu’il co-organisera avec l’Ouganda et la Tanzanie, le pays de William Ruto s’apprête à livrer un joyau architectural : le Stade Talanta.
Lancé le 1er mars 2024, le chantier de cette enceinte de 60 000 places est en phase de finition, avec une inauguration prévue dans les prochains mois. Un tour de force qui met la pression sur ses voisins.Le « Silence radio » kinois:De l’autre côté du fleuve, à Kinshasa, l’ambiance est tout autre. Si la RDC caresse l’espoir d’organiser la CAN 2028 — soit dans à peine deux ans —, l’état de ses infrastructures suscite une vive polémique. Le projet « Kinshasa Arena », annoncé en grande pompe en 2023, demeure désespérément vide et inachevé. Une absence de suite qui agace les observateurs, dénonçant un « silence radio » des autorités face à l’immobilisme du chantier.
Le calvaire des stades historiques:
La situation des enceintes mythiques de la capitale ne rassure guère. Le Stade des Martyrs, pourtant régulièrement annoncé en réhabilitation, semble s’être transformé en un gouffre financier sans résultats palpables, ironiquement qualifié par certains de « champ de réhabilitation » pour ministres de passage.Quant au Stade Tata Raphaël, haut lieu de l’histoire du sport mondial, son état de décrépitude avancée fait désormais craindre le pire. L’idée d’y revoir un jour l’éclat des grandes compétitions semble s’éloigner, au point où l’opinion s’interroge : comment la RDC peut-elle sérieusement prétendre à l’organisation d’une CAN alors que ses vitrines sportives sont à l’arrêt ?
« Le Kenya construit pour demain, pendant que nous peinons à entretenir les vestiges d’hier », soupire un chroniqueur sportif kinois.2028, une mission impossible ?Le contraste entre la rigueur kenyane et les incertitudes congolaises pose la question de la crédibilité du dossier RDC 2028. Alors que Nairobi prouve sa capacité à bâtir des stades modernes en un temps record, Kinshasa doit encore prouver qu’elle peut terminer les chantiers commencés il y a trois ans. À deux ans de l’échéance, le temps n’est plus aux promesses, mais aux grues en mouvement.


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