Le verdict est tombé, et il a un goût de cendre pour le rap ivoirien. Alors que l’édition 2025 des All Africa Music Awards (AFRIMA) promettait d’être celle de la consécration pour Himra, l’artiste est reparti les mains vides. Une issue qui laisse l’industrie musicale africaine dans un mélange de stupeur et d’indignation.Himra n’était pas un simple invité à cette grande messe de la musique continentale. Il est arrivé à la cérémonie avec un statut de grandissime favori, fort du plus grand nombre de nominations de l’année.
Présent dans presque toutes les catégories majeures, le « Mamba » de la scène ivoirienne semblait avoir une voie royale toute tracée vers le sommet.Pourtant, malgré cette domination statistique, le rappeur a subi un « blank » total : aucun trophée remporté au cours de la soirée. Un scénario cruel qui rappelle que dans les cérémonies de récompenses, la quantité de nominations n’est jamais une garantie de victoire.
Simple déception ou véritable scandale ?
Dès la clôture de la cérémonie, la question a embrasé les réseaux sociaux. S’agit-il d’un simple revers lié à la concurrence féroce des artistes nigérians et sud-africains, ou d’une anomalie plus profonde dans le système de vote des AFRIMA ?Plusieurs points alimentent le débat : – La déconnexion avec le public : Comment l’artiste le plus cité par les experts et les présélections peut-il ne pas convaincre sur une seule catégorie finale ? – Le poids des votes : La part du vote du public, parfois jugée opaque, est une nouvelle fois pointée du doigt par les fans de l’artiste. -Le camouflet pour la Côte d’Ivoire : Pour beaucoup d’observateurs, ce zéro pointé est un coup dur pour le rayonnement actuel du rap ivoirien sur le continent.« Être le plus nommé sans gagner, c’est la preuve qu’il y a un décalage entre la reconnaissance critique et le verdict final », analyse un spécialiste de l’industrie musicale à Abidjan.
Quel avenir pour Himra ?
Si cette soirée restera une tâche sombre dans son calendrier 2025, Himra n’en demeure pas moins l’un des artistes les plus productifs et influents de sa génération. Paradoxalement, ce « snub » (cet oubli volontaire ou non) pourrait renforcer sa cote de popularité, le public africain ayant tendance à se ranger derrière les « oubliés » des grandes institutions.Le rappeur saura-t-il transformer cette déception en une nouvelle énergie créative ? Une chose est sûre : l’histoire entre Himra et les AFRIMA fera désormais l’objet d’une surveillance particulière lors des prochaines éditions.


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