C’est un exercice de transparence auquel le Palais royal marocain s’astreint avec une régularité millimétrée, mais qui, paradoxalement, ne parvient jamais tout à fait à éteindre le feu des conjectures. Vendredi 10 janvier, un communiqué de la Maison royale, du Protocole et de la Chancellerie a brisé le silence pour informer les Marocains de l’état de santé du souverain.Le diagnostic officiel : repos forcé pour le RoiSelon le bulletin médical, Mohammed VI souffre d’une « lombosciatalgie mécanique », une pathologie plus communément connue sous le nom de sciatique, doublée d’une contracture musculaire.
Si le terme peut paraître impressionnant, le Professeur Lahcen Belyamani, médecin personnel du monarque, s’est voulu rassurant.Le protocole est classique : repos fonctionnel strict, traitement antalgique et interdiction de tout effort physique intense. Pour Rabat, le message est clair : le Roi doit s’arrêter pour mieux repartir. Cette communication, relayée avec insistance par l’agence officielle MAP, vise à stabiliser l’opinion publique alors que l’agenda royal, d’ordinaire très chargé, s’est vu soudainement allégé.
La « machine à rumeurs » s’emballe:
Pourtant, malgré la précision chirurgicale du communiqué, une autre partition se joue dans les salons feutrés de Rabat et sur les réseaux sociaux. Depuis plusieurs jours, des bruits persistants — bien qu’invérifiables — font état d’une dégradation de l’état général du souverain.Certains observateurs s’interrogent : la simple sciatique cache-t-elle une fatigue plus profonde ? Ces spéculations, alimentées par la rareté des apparitions publiques récentes du monarque, évoquent des « traitements plus lourds » et une fragilité accrue. Comme souvent au Maroc, dès que la santé du « Roi des pauvres » est en jeu, l’inquiétude se mêle au fantasme, créant un climat de fébrilité nationale.
Entre transparence et secret d’État:
Le Palais se retrouve face à son éternel dilemme : comment informer sans exposer la vulnérabilité du chef de l’État ? Depuis ses interventions cardiaques à Paris (2018) et Rabat (2020), la santé de Mohammed VI est devenue un sujet de préoccupation centrale pour la stabilité du Royaume.«La transparence est là , mais elle se heurte à une culture du secret profondément ancrée dans les institutions », analyse un politologue basé à Casablanca.Une nation en attente:Pour l’heure, les officiels maintiennent leur ligne : la situation n’est pas grave. Le peuple marocain, très attaché à la figure tutélaire du Commandeur des Croyants, scrute désormais le moindre signe de reprise d’activité. Dans un contexte régional tendu et à l’approche de grands rendez-vous diplomatiques, la solidité du trône reste la clé de voûte de l’équilibre chérifien.Au-delà des communiqués, c’est l’image du Roi, de retour sur le terrain, qui sera la seule véritable réponse aux spéculations.


Commentaires