À l’occasion d’un discours fleuve devant la haute administration ce 8 janvier 2026, le chef de l’État gabonais a fustigé les dérives de certains lieux de culte. Entre nuisances sonores et défaut de légalité, Libreville durcit le ton.C’est un pavé dans la mare des « business de la foi ». Dans une déclaration sans détour, Brice Clotaire Oligui Nguema a pointé du doigt les pratiques de certains mouvements religieux qui essaiment à travers le pays. Si la liberté de culte reste un principe cardinal au Gabon, le président entend désormais imposer un cadre strict à une ferveur mystico-religieuse qui semble, selon les autorités, avoir franchi les limites de l’acceptable.
Un constat sans concession:
Le chef de l’État n’a pas utilisé de pincettes pour décrire ce qu’il observe dans les quartiers de la capitale et de l’intérieur du pays. Il a notamment dénoncé quatre dérives majeures : -Les nuisances sonores : Une problématique quotidienne pour les riverains des églises dites « de réveil », où les prêches nocturnes au mégaphone sont légion. -Les pratiques « non vertueuses » : Une allusion à peine voilée aux abus de faiblesse et aux dérives financières parfois constatées au sein de certaines congrégations. -L’incitation à la haine : Un point de vigilance sécuritaire, alors que certains discours radicaux s’éloignent de la concorde nationale. – L’absence de base légale : Le constat est cinglant, de nombreux groupements exerceraient sans aucune reconnaissance officielle de l’administration.
Une reprise en main administrative:
Pour le palais du Bord de mer, l’enjeu est double : assurer la tranquillité publique et restaurer l’autorité de l’État sur un secteur longtemps resté dans une zone grise. « Pour couronner le tout, l’absence de légalisation des groupements ou mouvements exerçant des cultes », a souligné le président, marquant ainsi sa volonté de régulariser — ou de fermer — les structures hors-la-loi.Cette sortie intervient dans un climat où la société civile réclame de plus en plus de régulation face à la multiplication sauvage des lieux de prière. En s’attaquant à ce dossier sensible, Brice Clotaire Oligui Nguema se pose en garant de l’ordre républicain, quitte à froisser une frange influente de l’électorat religieux.
Quel calendrier pour les sanctions ?Si le diagnostic est posé, reste à savoir comment le ministère de l’Intérieur traduira ces fermes orientations sur le terrain. Des contrôles d’identité et des vérifications de récépissés de déclaration pourraient intervenir dans les prochaines semaines.À Libreville, le message est reçu cinq sur cinq : la foi ne saurait s’affranchir de la loi. Les « pasteurs » autoproclamés sont prévenus, le temps de l’impunité semble révolu.


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