C’est une main tendue, un hommage appuyé qui résonne comme une reconnaissance entre « hommes en treillis » passés maîtres dans l’art de la transition. Au lendemain de l’annonce de la victoire écrasante de Mamadi Doumbouya à la présidentielle guinéenne avec 86,72 % des voix, Brice Clotaire Oligui Nguema n’a pas tardé à faire entendre sa voix.Entre Conakry et Libreville, l’axe semble plus solide que jamais. Alors que les résultats officiels tombent à peine, confirmant une hégémonie sans partage du colonel-président guinéen dans les urnes, le chef de l’État gabonais a tenu à saluer la trajectoire de celui qu’il appelle désormais son « ami et frère ».
Pour le locataire du palais du Bord de mer, ce score fleuve n’est pas le fruit d’un simple hasard électoral, mais bien la validation d’une méthode. Dans son message, Brice Clotaire Oligui Nguema dresse un parallèle explicite entre les processus en cours en Guinée et au Gabon. Pour lui, la victoire de Doumbouya est le miroir de l’action menée à Libreville depuis le coup de libération d’août 2023 : une transition qu’il qualifie de « rigoureuse, courageuse et exemplaire ».« Ce résultat est l’aboutissement d’un processus maîtrisé, fondé sur le rétablissement de l’ordre républicain et la refondation des institutions », a souligné le président gabonais.Au-delà de la courtoisie diplomatique, ce message souligne l’émergence d’une nouvelle forme de solidarité continentale entre dirigeants issus de transitions militaires. En insistant sur la « restauration de la confiance nationale », Oligui Nguema valide la stratégie de son homologue guinéen : celle d’une main de fer dans un gant de velours électoral, visant à transformer l’exceptionnel en institutionnel.Le ton est résolument souverainiste.
En évoquant une « Afrique responsable » et une « coopération fraternelle », le chef de l’État gabonais se positionne, aux côtés de Doumbouya, comme l’un des piliers d’une nouvelle garde africaine qui entend s’affranchir des critiques occidentales sur la durée et la nature des transitions.Pour Conakry, ce soutien de Libreville est précieux. Il offre à Mamadi Doumbouya une caution de poids en Afrique centrale, au moment où la Guinée cherche à normaliser pleinement ses relations avec les institutions internationales après ce passage aux urnes réussi.Reste désormais à voir comment cette « fraternité » se traduira concrètement sur le plan économique et sécuritaire. Mais une chose est sûre : entre le Gabonais et le Guinéen, le courant passe, et la vision d’un pouvoir fort, légitimé par le vote après avoir été pris par les armes, semble être le nouveau logiciel commun.


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