COTONOU – C’est un séisme politique qui secoue le Bénin en cette fin d’année. Dans la nuit du 19 au 20 décembre 2025, Candide Azannaï, figure emblématique de l’opposition et ancien ministre délégué à la Défense, a été placé en détention provisoire par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET).​Un tournant dans l’enquête sur le coup d’État​Après huit jours de garde à vue éprouvants, l’ancien allié de Patrice Talon a été présenté devant les magistrats de la CRIET à Cotonou.
Les charges retenues contre lui sont d’une extrême gravité : « complot contre l’autorité de l’État » et « provocation directe à la rébellion ». Ces accusations s’inscrivent dans le cadre de l’enquête judiciaire ouverte après la tentative de coup d’État déjouée le 7 décembre dernier.​Le transfèrement vers son lieu de détention s’est déroulé dans un climat de tension palpable. Escorté par des unités de police lourdement armées, Candide Azannaï a gardé une posture de défi. Avant d’être engouffré dans le véhicule de sécurité, il a lancé une phrase qui résonne déjà comme un slogan chez ses partisans : « Je suis un guerrier ».​
De l’alliance à la rupture radicale​Cette arrestation marque la chute d’une relation complexe. Ancien pilier de l’ascension au pouvoir de Patrice Talon, Azannaï avait démissionné du gouvernement avec fracas, devenant le critique le plus acerbe du régime. Son emprisonnement confirme la détermination des autorités à traiter ce dossier sans aucune complaisance, quitte à viser les plus hauts sommets de la classe politique.​Alors que l’enquête se poursuit, l’opinion publique reste suspendue aux prochaines révélations de la CRIET. Pour le pouvoir, il s’agit de préserver l’ordre républicain ; pour l’opposition, cette arrestation symbolise une dérive autoritaire visant à décapiter toute voix dissidente.


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